Le guide complet pour collectionner les vinyles de Nick Drake
La carrière tragiquement brève de Nick Drake a donné trois des albums folk les plus hantés et influents jamais enregistrés, faisant des pressages originaux des pièces très recherchées par les collectionneurs du monde entier. Malgré des ventes faibles de son vivant, son travail chez Island Records est devenu légendaire, les pressages britanniques originaux atteignant des prix élevés. Son son intime et mélancolique se prête parfaitement au vinyle, rendant ces disques essentiels pour les amateurs sérieux de folk britannique et de songwriting.
Albums essentiels de Nick Drake sur vinyle
La discographie studio complète de Nick Drake comprend trois albums indispensables : 'Five Leaves Left' (1969), 'Bryter Layter' (1970) et 'Pink Moon' (1972), tous publiés sur Island Records. 'Five Leaves Left' présente des arrangements orchestraux luxuriants de Robert Kirby et met en valeur le jeu de guitare complexe de Drake ainsi que ses voix éthérées. 'Bryter Layter' intègre des influences jazz avec des contributions de membres de Fairport Convention et Pentangle. 'Pink Moon', son dernier album, extrêmement dépouillé, se compose uniquement de la voix et de la guitare de Drake sur onze titres envoûtants, enregistrés lors de deux séances nocturnes. Chaque disque représente une phase distincte de son évolution artistique et les trois sont considérés comme des chefs-d'œuvre du genre folk.
Pressages rares et précieux
Les premières éditions britanniques originales avec l'étiquette Island au 'i' rose de 1969 à 1972 sont le graal pour les collectionneurs de Nick Drake, 'Five Leaves Left' et 'Pink Moon' étant particulièrement prisés. Les premiers pressages se repèrent à la bordure rose de l'étiquette palmier, à des numéros de matrix spécifiques et à des pochettes gatefold avec les numéros de catalogue Island d'origine (ILPS 9105, ILPS 9134 et ILPS 9184). Le coffret compilation 'Fruit Tree' de 1974, sorti peu après la mort de Drake, est extrêmement rare et précieux, surtout complet avec tous ses inserts. Les pressages américains sur Antilles Records sont aussi recherchés mais généralement moins chers que les originaux britanniques. Les rééditions des années 1980 et 1990, notamment les éditions audiophiles Simply Vinyl et Classic Records, constituent des alternatives plus abordables tout en offrant une excellente qualité sonore.
Conseils pour collectionner
Pour authentifier un pressage original de Nick Drake, examinez attentivement l'étiquette pour le logo Island 'i' rose et vérifiez que les numéros de matrix gravés dans le sillon final (runout) correspondent aux codes des premières éditions. Les pressages britanniques originaux doivent comporter la mention 'Made in England' et parfois des codes d'usine d'impression comme 'Sterling' ou 'CBS' dans le deadwax. Contrôlez la qualité de la pochette et les détails d'impression : les originaux utilisent un carton plus épais et une typographie spécifique qui diffèrent des rééditions. Soyez particulièrement vigilant avec 'Pink Moon', souvent réédité : les véritables premières éditions sont en pochette gatefold malgré l'esthétique dépouillée de l'album, tandis que de nombreuses réimpressions utilisent des pochettes simples.
Guide des prix et tendances du marché
Les premières éditions britanniques originales des albums de Nick Drake ont beaucoup pris de valeur : 'Five Leaves Left' et 'Pink Moon' en état quasi neuf se vendent généralement entre £300 et £800 ($400-$1000), tandis que 'Bryter Layter' varie typiquement de £200 à £500. Le coffret 'Fruit Tree' de 1974 peut atteindre £1000+ lorsqu'il est complet avec tous ses inserts et en excellent état. Des exemplaires propres cote VG+ des pressages originaux sont plus accessibles à £100-£250, offrant un point d'entrée plus abordable pour les collectionneurs. Le marché est resté solide grâce à l'influence durable de Drake sur les artistes contemporains et à la redécouverte par de nouvelles générations d'auditeurs, avec une hausse régulière des prix au cours de la dernière décennie.
Les éditions clés et ce qui les distingue
Pour les collectionneurs, les différences les plus révélatrices entre les LP de Nick Drake se trouvent généralement sur le label, dans le sillon fermé et dans la finition de la pochette, plutôt que dans un emballage spectaculaire. Five Leaves Left, dans ses exemplaires britanniques originaux chez Island, se reconnaît habituellement à l’étiquette Island rose « block » utilisée à la fin des années 1960, ainsi qu’aux premières informations de matrice gravées à la main dans les sillons fermés. Les exemplaires britanniques ultérieurs adoptent le graphisme Island rose à liseré, qui reste recherché, sans toutefois constituer le véritable premier tirage. Les pochettes les plus anciennes présentent aussi cet aspect texturé, très caractéristique de l’époque, que les collectionneurs associent aux parutions Island de la fin des années 1960. Bryter Layter suit une logique comparable : les premiers pressages britanniques authentiques sont associés au label Island rose à liseré, tandis que nombre de rééditions courantes arborent les labels Island bleus plus tardifs ou des labels modernes liés aux campagnes de repressage des années 2000. Pour Pink Moon, le premier tirage britannique est lui aussi recherché pour son ancien label Island rose à liseré et la fabrication légère de sa pochette, typique du début des années 1970 ; les pressages britanniques et européens ultérieurs paraissent souvent plus propres et plus standardisés. Les exemplaires du coffret Fruit Tree peuvent être plus difficiles à évaluer : les éditions anciennes de Hannibal et de l’ère Island sont généralement plus recherchées que les repressages ultérieurs destinés au grand public, et la présence des encarts, l’usure de la boîte extérieure texturée ainsi que l’intégralité du contenu font une vraie différence pour distinguer un coffret ancien désirable d’un exemplaire plus banal et plus tardif.
Ce qui fait varier le prix
L’état reste le principal facteur de prix pour Nick Drake. Un exemplaire propre, silencieux à la lecture, avec une pochette bien nette, peut valoir plusieurs fois plus que le même pressage marqué par l’usure des sillons, les traces de broche centrale, l’usure circulaire ou les déchirures au niveau des tranches. En pratique, une réédition ultérieure de Pink Moon peut se négocier autour de 25 à 60 dollars en très bon état (Very Good Plus), tandis qu’un exemplaire proche du neuf, encore sous film, avec son encart ou une présentation irréprochable, peut atteindre un prix sensiblement supérieur. Dès que l’on passe aux véritables premiers pressages britanniques, l’écart se creuse nettement : un exemplaire usé de Five Leaves Left ou de Bryter Layter peut encore atteindre plusieurs centaines de dollars, alors que des exemplaires excellents et entièrement d’origine peuvent entrer dans le bas de la fourchette des milliers de dollars. La rareté compte, mais sa nature aussi. Les premiers pressages britanniques constituent généralement la référence, les exemplaires britanniques chez Island dépassant habituellement la plupart des éditions américaines ou européennes ultérieures. Les exemplaires promotionnels peuvent prendre de la valeur s’ils sont clairement identifiés comme tels et restent par ailleurs d’origine, mais la prime dépend du titre et de l’état. Le vinyle coloré n’est pas un critère vintage majeur pour Nick Drake comme il peut l’être pour certains artistes ; les rééditions modernes en vinyle coloré peuvent être collectionnées, mais elles ne rivalisent généralement pas avec les véritables premiers pressages. L’intégralité du contenu influe également sur le prix, en particulier pour les coffrets Fruit Tree, dont la valeur peut chuter rapidement si des encarts manquent ou si la boîte est trop usée.